Mots perso

Des fois j'écris,  a lire quelques poèmes

Matière papier

J'aime ta texture papier
Ta matière papier
Ta souplesse papier
J'aime quand pour moi tu plies

Alors je t' entends murmurer
Jolis papiers dans mes mains qui se froissent
Jolis papier que je déchire
Que j'aime, ta chanson papier

C'est quand même fou l'effet
L'effet que ça fait
De pouvoir jouer
Ainsi ta matière et ta texture

Bande de papier,  tu ne fais

 Rien qu'à m'énerver
Rien qu'à refuser
De vouloir coller

Matière papier
Que j'aime ta matière papier

L'art sans philosopher
C'est comme le papier
Le papier collé
Le papier mâché

Mais que veux-tu que j'y fasse
Tes couleurs sont éphémères
Matière  papier
Mais que j'aime ta texture papier

Et enfin, c'est terminé
Pour tout fignoler
Le papier mâché
On attend que ça sèche

Matière papier
Que j'aime ta texture papier
Matière papier
Que j'aime ta texture papier


Texte "Couleur café de Gainsbourg" revisité à ma façon MAS

 

 

Chansonnette

Des minuscules pâquerettes

Se prélassent coquettes

Dans le pré de la maisonnette

 

Mademoiselle Colette

Auréolée de frisettes

Joue avec sa sœurette

 

Une gentille alouette

Gracieuse, volette

Autour des fillettes

 

Leur grande sœur Babette

Ramassent des violettes

Pour les jolies fillettes

 

Au fond du jardin, sous la gloriette

Un jeune homme conte fleurette

A Babette, son amourette

 

La fumée de sa cigarette

S’enroule en girouette

Comme une silhouette

 

Le soir dans sa chambrette

La jeune fille pousse la chansonnette

D’une voie aigrelette

 

Un lapin de garenne fait des pirouettes

Au clair de lune avec la rapide belette

Dans le champ de fleurettes…

Les fees des fleursTexte et image MAS 

L'araignée

Imagesaraignee

Une araignée légère et gracile,

Tisse minutieusement mais avec ardeur

Sa toile régulière et fragile

Entre les branches d’un saule pleureur.

 

Un moucheron se prend au piège

De ce filet translucide.

L’araignée alertée, l’assiège,

Le goutte et le trucide.

 

Sur les lieux du combat

La tricoteuse effrénée,

Remaille les dégâts

Et retourne se balancer

 

Sur la toile transparente

Qui au soleil scintille

De mille couleurs chatoyantes

Au gré des vents dociles. 

 

MAS (97 revue et corrigé 2008)

Petite histoire de récif

 

a contre courant

Arlette, la crevette se promène sur le sable

Balthazar, le homard la pousse en passant

Comme il est gros et grand Balthazar le homard

Discrète, Arlette se fait toute petite

Epouvanté et timide elle se cache sous une pierre

Fébrile, elle attend, que s’éloigne Balthazar.

Gilou, le mérou sort de chez lui,

Habilement, il s’approche, et ouvre sa grande bouche

Incroyable, le homard a peur

Jalousement Gilou défend son territoire grâce au

Kandourrou, il indique la frontière

Laissant Balthazar pantois

Mécontent celui-ci déploie ses pinces mais s’éloigne.

Naturellement,  Gilou est le plus fort.

Obligeamment, celui-ci le laisse partir

Pacificateur, il est le chef, le

Quadragénaire du récif,

Respecté des locataires qui vivent sur ce fond

Sablonneux, planté d’algue, vallonné

Tarabiscoté, offrant de nombreux logements dans cet

Univers paisible, ce petit coin de paradis

Vaniteusement protégé des opportunistes, des

Walkyries, des Bernard-l’ermite. Un peu

Xénophobe les habitants de ce récif, des poissons

Yakusa sont chargés de monter la garde au milieu des

Zoanthaires, qui vivent sur le récif. 

 

 texte et image, MAS  Janvier / 08

La danse des papillons

La danse des papillons  

 

Allongée sur son nénuphar,

Batracine la grenouille se dore au soleil,

Coasse à tous va dès le réveil,

Discours avec ses têtards.

Eléonore, sa voisine, s’étire avec aisance.

Fascinée par la danse des papillons.

Gracieuse ronde de tourbillons

Harmonieuse danse de toutes les nuances.

Irréelles volutes dans la lumière

Jaunes, bleus où oranges

Kakis, roses, blanches ailes d’anges,

Luxuriantes couleurs singulières.

Merveilleux insectes, légers et vaporeux,

Nacrés, dorés et argentés

Orchestrent un ballet.

Passionnées, nos grenouilles ouvrent de grands yeux,

Quelle liesse autour de la mare aux nénuphars

Ramdam, Tintamarre et pagaille.

Soudain, notre grenouille Batracine tressaille,

Terreur, de tous cotés, au milieu des fêtards,

Ubuesque affolement, quand arrive le jeune Dédé,

Voisin de la mare, pratiquant la pêche au

Wading au milieu de l’eau tiède,  bordée de beaux

 Xéranthèmes blancs, roses et pourpres, et des

Yèbles, aux fleurs blanches, dégageant au

Zénith, un parfum ensorcelant et chaud. 

 

 MAS

Le modèle

 

Le modèle 

 

Vêtue d’un léger peignoir fleuri

La jeune fille entre dans la classe

Discrète, elle s’assoie sur le tabouret verni

Prend la pose, se place,

 

Un léger brouhaha, envahi la salle

Chacun, derrière son chevalet

Se positionne, se calle

Le cours va commencer

 

La jeune fille laisse tombé le peignoir

Tous autour le silence se fait

Il s’agit de regarder et non de voir

Déjà, sur le papier les premiers traits

 

Sous le projecteur, ses seins rosés

Pointent dans la lumière.

Ses cheveux ondulent, dorés

Sur ses épaules fières

 

Les regards scrutent, détaillent,

Dessinent, chaque partie du corps.

La main sur le papier, livre bataille,

Défini le rapport du nombre d’or

 

La jeune fille, aux divines proportions

Ne bouge pas, deviens statue

Le fusain  marque les ondulations

Que l’œil et la main lui attribuent

 

Une heure déjà et la pose

Le modèle reprend vie

S’étire, se couvre, se repose

De bruits divers, la classe est envahie

 

Chacun commente le dessin de son voisin

Prend un café, un verre d’eau, une cigarette

Puis, le prof  frappe dans ses mains

La jeune fille reprend sa pose naturelle

 

Le silence dans la classe est revenu

Chacun va dessiner jusqu’à midi

La jeune fille nue

Avec à ses pieds un peignoir fleuri.   

salvatore-dali.jpg

extrait toile de Salvador Dali 

 MAS 2013

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